Canalblog Tous les blogs Top blogs Littérature, BD & Poésie
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
La Creuse, de reflets en ballades
Publicité
28 juin 2014

A Assef Husseinkhail La chanson "De vous à moi

A Assef Husseinkhail

 

La chanson "De vous à moi (là-bas)" est dédiée à Assef Hussenkhail. 

Aujourd'hui, on ne s'étonne plus, on de s'indigne pas d'entendre qu'un jeune homme,

fuyant son pays, puisse être  depuis 14 années, sur la route, pour  tenter d' arriver un jour "là-bas".

Sa dernière tentative, il voulait traverser la Manche sur un radeau, a échoué. 

Merci de faire circuler la chanson

et de contribuer à faire connaître l'histoire d'Assef et de tous ceux qui comme lui quittent tout. 

 

L'article d'Haydée Sabéran pour Libération:

 http://www.liberation.fr/societe/2014/05/08/quatorze-ans-a-errer-et-tu-n-as-rien_1013436

 

 

Jean-paul raffel

 

Publicité
11 mai 2014

Tant de larmesOnt coulé dans la petite égliseDe

L'église de Fransèches

Tant de larmes
Ont coulé dans la petite église
De psaumes en cantiques
Des matines aux vêpres
Tant de pleurs ont suinté
Des cierges et des bénitiers
De l'angélus aux glas
Tant de gémissements
Tant de lamentations
Que le petit clocher
Lentement
Tremblotant
Carillonnant
Déverse ses longs sanglots
Dans la gorge de la nuit

Julien Hoquet

 

11 mars 2014

"Le torrent parle, si l'on veut; mais avec sa

La Creuse au Moutier

"Le torrent parle, si l'on veut; mais avec sa voix à lui: le bruit de l'eau. Serait-ce donc que, sans m'en être avisé jusqu'ici (l'esprit décidément bien lent, bien obtus), je cherche à dire l'intérieur de ce bruit, de cette course ? L'invisible, en ces eaux, par quoi elles touchent ce que j'aurais en moi d'invisible ?"

Philippe Jaccottet, "Cahier de verdure", Poésie/Gallimard

 

10 mars 2014

"Tu le sais, si tu plonges la main dans cette

La Creuse au Moutier

"Tu le sais, si tu plonges la main dans cette eau, fraîche et comme vivante, l'odeur de ta main s'en va jusqu'à la mer. Et ce n'est pas la peine de la suivre, cette eau t'emmène jusqu'à la mer, le sel de ta main et ta main toute entière, et le bras, et le corps, et l'âme toute entière, entre les beaux iris et les prés de jonquilles, entre les peupliers, au travers des rochers et des gorges, des rives tranquilles, avec le mirage des villes, des cathédrales et des îles, à rebours du voyage écarlate des vents, jusqu'aux ombres profondes de la haute mer."

Marcelle Delpastre, "Cinq heures du soir", Terre de poche

 

19 janvier 2014

Le puits renvoie de la lumièreToutes les femmes

L'étang de vent

Le puits renvoie de la lumière
Toutes les femmes s’y penchent
Mais leur reflet ne remonte pas
La tâche quotidienne les mèches en bourrasque
Le seau replonge avant leur geste
Porté par les usages
Chaînes autour du mandrin
La sueur sous le bras nu
Une robe légère à tous petits carreaux
Voilà, l’eau se reforme un visage
J’y cache mon trouble avec la plongée du seau

Jean-Paul raffel

 

Publicité
2 avril 2014

"Nous avons perdu même ce crépuscule.Personne ne

Jour et nuit

"Nous avons perdu même ce crépuscule.
Personne ne nous vit ce soir les mains jointes
pendant que la nuit bleue tombait sur le monde.

J'ai vu de ma fenêtre
la fête du couchant sur les coteaux lointains.

Parfois comme une monnaie
s'allumait un morceau de soleil dans mes mains.
[...]"

Pablo Neruda, "Vingt poèmes d'amour et une chanson désespérée", Poésie/Gallimard

 

25 juin 2013

"[...] Mais le plus grand, c'est Armand

La Creuse au Moutier d'Ahun (détail)

"[...] Mais le plus grand, c'est Armand Guillaumin. Comme Monet l'a fait de Fresselines, cinq ans plus tôt, Guillaumin fera de Crozant un lieu pictural impressionniste. Le paysage est dépouillé de son pittoresque, trouve une seconde dimension, son éclat ultime, fluide et palpitant comme les eaux de la Sédelle et de la Creuse, ces deux torrents, vibrant comme l'insaisissable lumière creusoise, transparente, capricieuse, imprévisible. Comme Monet, Guillaumin souffrira dans sa chair de l'hiver creusois, toujours à l'affût, cherchant avec obstination à saisir cette lumière fuyante, sauvage, indomptable. Monet ne fut ici qu'un météore. Guillaumin, rude et secret, ressemble à cette terre creusoise. Il a tout son temps. Il va se poser, s'enraciner, certain d'avoir trouvé le paysage de sa peinture. Pendant trente ans, sans jamais se lasser, il posera son chevalet sur "son" sujet. "Qu'il existe un pays aussi beau que Crozant, dira-t-il, c'est possible, mais un plus beau, je ne puis le croire"."

Christian Pirot, "Impressions des bords de Creuse"

4 juillet 2013

Et vide Le point sublime entre courbes et lignes

Limousines creusoises

Et vide

Le point sublime entre courbes et lignes ne lâche plus ton regard
Entre l’aigu et l’obtus, entre la pointe et le grand large, là...
On a peint de petits animaux placides
Qui voit le paysage ? Qui regarde ?
Ce n’est qu’un coin de Terre autour duquel tourner un instant, autour de l’arbre, autour des champs, autour de
la forêt.
Tourner, voler, rejoindre un point semblable.
Semblable de campagne, semblable de prairie, et les villes ensuite, une encore,
une plus grande, une autre qui lui ressemble, une autre comme cousine, puis l’océan, d’autres terres, d’autres
îles, d’autres vides.
Plus on s’élève moins on les voit, moins on y pense, moins on y croit.
Les hommes absents.

Jean-Paul Raffel 

16 mars 2013

"Le ciel plus sombre à l'horizon annonce la

Neige à La Brutine

"Le ciel plus sombre à l'horizon annonce la pluie, non la neige. Les arbres nus en parure claire songent peut-être au printemps, collines entre lesquelles les champs paraissent blancs et plats comme de l'eau. Nous irons cueillir des jonquilles, ce n'est pas le moment d'oublier les fleurs - l'hiver me fait peur. [...]
Le vent se lève frais, les feuilles de houx étincellent, la neige, les ramilles nues. L'hiver ne persiste que pour le plaisir, tu verras: bientôt nous les regretterons, les feux de bois dans leur braise et leur flamme qui ne réchauffe que les doigts. Nous la regretterons la cendre chaude."

Marcelle Delpastre, "Cinq heures du soir"

23 mars 2013

Il me plaît d’imaginer que cet oiseau prend la

L'oiseau sur un fil

Il me plaît d’imaginer que cet oiseau prend la pose.
Il me plaît d’imaginer qu’il diffère l’éphémère.
Qu’il prolonge la magie.
Juste pour moi.
Pour moi, dont le regard est trop distrait.
Juste, pour me donner le temps de l’émerveillement.
Oui, il me plaît d’imaginer une nature complice et complaisante.
Une nature qui éduquerait mon regard.

Vygo

16 avril 2013

"Insérer les coins éclateurs dans les sillons.

La carrière de Clairavaux

"Insérer les coins éclateurs dans les sillons. Les taper avec la masse, doucement pour les enfoncer. "Faire sonner les coins"... Chaque note émise doit s'accorder à l'unisson, pour générer une tension égale dans la fissure naissante. Une épaisse "feuille" de granite, se détache alors. Extraire donc méticuleusement cette roche, deux mois dans l'année, à la belle saison. Transporter ces "lits" de pierre si dense, de plusieurs tonnes, en camion, jusqu'à l'atelier de transformation. Et façonner, d'étapes en étapes, de machine en machine, de mains en mains. Pour retrouver ensuite le granit pilier d'un pont, gargouille de l'église, croix à l'entrée d'un village, meule du moulin, tombe au coeur du cimetière, pavage dans une rue, sculpture ou monument sur une place, moellon d'une maison, plan de travail de sa cuisine ou contour de sa cheminée..."

Hélène Joly, "Voyage (s) en Millevaches..."

13 mai 2016

Les poètes sont retournés À la maison PLOUF Les

Au creux du souvenir

Les poètes sont retournés
À la maison PLOUF
Les musiciens ont remballé
Leurs instruments SPLASH
Pourtant un fluide délicieux
Coule encore dans la Creuse
FLOC, FLOC et FLOC
Éclabousse le cœur
Asperge l’imagination
PSCHIIIIT
Ô la mémorable euphorie
Qui palpitera en nous
Jusqu’à l’année prochaine 
CLAP-CLAP-CLAP 

Julien Hoquet

 

29 mai 2016

Je ne voudrais surtout pas Vous sembler

Graffiti

Je ne voudrais surtout pas
Vous sembler paranoïaque
Mais il me regarde
Votre étang

Avec ses yeux huileux
Ses yeux caoutchouteux
Je crois même
Qu’il veut me dévorer
Avec ces bouches molles
Qui à la peau me collent
Et ces bestioles
Qui me bignolent
Je vais devenir fou
C’est certain
Ces serpents libidineux
Moelleux et visqueux
S’imprègneront
Dans ma tête
Comme les poux de dieu
Et ils vont me siphonner
La dernière chandelle
C'est certain

Vivement que finisse
Le mois de mai
Que je tourne la page
Du calendrier 

 

Julien Hoquet

 

5 novembre 2015

Fatalité

Chaque fin de semaine, une photoUn poète, passant par-là, s'en inspirera peut-être. Ou peut-être pas.

Trois reflets ont la chance de participer au Salon d'artistes à l'office de tourisme d'Ahun

du 12 octobre au 14 novembre 2015

(plus d'informations ici)

 

Fatalité

Une feuille morte. Seule. Cueillie en plein vol. (fw)

 

1 juillet 2015

Beaulieu-sur-Dordogne (Corrèze)

C'est l'été ! Les Reflets partent en vacances mais enverront des cartes postales au gré de leurs escapades

(pour n'en manquer aucune, abonnez-vous)

Bien sûr, les réponses des poètes inspirés sont toujours les bienvenues ! (par "Contactez l'auteur")

 

Beaulieu-sur-Dordogne

Sur la place de Beaulieu, juste assez de place pour loger un arbre et un réverbère. (fw)

 

29 mai 2014

L'arbre-poète

Chaque fin de semaine, une photoUn poète, passant par-là, s'en inspirera peut-être. Ou peut-être pas.

Vendredi 30 mai 18h30, La Métive au Moutier d'Ahun, ouverture du Festival de Poésie et Chanson !

Toutes les infos sur Le Pliant 2014

 

l'arbre-poète

Seul parmi ses semblables, un arbre poétise. Et fleurit. (fw)

 

4 avril 2014

"[...]Dans l'espace, à présent voilé sans être

Jour et nuit

"[...]
Dans l'espace, à présent voilé sans être sombre,
Des morceaux lumineux joignent des places d'ombre,
Du ciel frais tombe un soir bleuâtre, extasiant.

Et, tandis que, pâmé, le peuplier s'allonge,
Le soleil bas, dans l'eau, fait un trou flamboyant
Où le regard brûlé s'abîme avec le songe."

Maurice Rollinat, "Paysages et Paysans"

 

1 octobre 2013

"L'arbre limousin est sans aucun doute l'arbre

L'arbre au tronc penché

"L'arbre limousin est sans aucun doute l'arbre rural. Il reste lié aux pratiques agricoles et à l'espace villageois jusqu'au milieu du XX siècle : [...] l'arbre isolé de prairie pour abriter le troupeau avec sa taille caractéristique dite "à la vache". [...]
Cet arbre généreux, à la silhouette pleine, souverain en tant qu'individu et non en peuplement, est déjà présent dans les tapisseries d'Aubusson, particulièrement les grandes verdures du XVIII siècle."

Françoise Maison, "Dialogues avec des arbres remarquables en Limousin", Les Ardents Editeurs

10 février 2014

"J'aurais voulu parler sans images,

L'étang des Landes

"J'aurais voulu parler sans images, simplement
pousser la porte...
J'ai trop de crainte
pour cela, d'incertitude, parfois de pitié :
On ne vit pas longtemps comme les oiseaux
dans l'évidence du ciel,
et retombé à terre,
on ne voit plus en eux précisément que des images
ou des rêves."

Philippe Jaccottet, "A la lumière d'hiver", Poésie/Gallimard

 

24 juin 2013

"Monet bute sur le flux d'un présent fuyant dont

La Creuse au Moutier d'Ahun (détail)

"Monet bute sur le flux d'un présent fuyant dont son pinceau capte les éclaboussures mais sans l'arraisonner. Le monde est en mouvement, l'inquiétude de Monet témoigne de son angoisse face à la transformation de l'espace. Intuition forte de tous les artistes qui portent un intérêt au passage, à l'altération - les reflets, les miroirs, le monde réfléchi; réfléchissant à notre image, en péril, mutant. L'espace apparaît comme le terrain de juxtaposition de l'identique et de décomposition à l'infini de sa temporalité."

Jean-François Demeure, "Monet en Creuse, Le printemps d'une méthode", Editions Culture & Patrimoine en Limousin

22 juin 2013

"Le ciel est toujours làbleu insouciantUn nuage

Ciel nébuleux

"Le ciel
est toujours là
bleu insouciant
Un nuage menu y joue
à la gazelle effarouchée
Une cigogne avertie
s'élance pour guider le regard
puis de ses ailes
le déployer
lui faire embrasser
l'abondance des directions

Homme libre
toujours tu guetteras le ciel
[...]"

Abdellatif Laâbi, "L'automne promet", Editions de la Différence

15 avril 2013

"Ils sont venus chez nous avec leurs seules

La carrière de Clairavaux

"Ils sont venus chez nous avec leurs seules mains,
Enfants déracinés d'une terre de misère,
Laissant loin le soleil, leur jeunesse et leur mère,
Pour, d'un bout de granit, faire naître un bout de pain.
[...]
Ils sont venus chez nous pour frapper sur la pierre
Leurs mains se sont usées sur tous nos monuments
Leur peau s'est crevassée sous l'ardeur de nos vents
Et leur sueur a séché au fond de nos carrières.
[...]"

Gérard Chaulet, cité par Gabrielle Thévenot, "Les hommes des carrières du Maupuy"

18 mai 2013

Rien ne révèle ce que je pense. Ni la surface

Page d'écriture au Bar en Zinc

Rien ne révèle ce que je pense. Ni la surface aveugle de l’écran, ni le cliquetis obsédant des touches du clavier. Encore moins. Je pense entre les lignes comme vous ne soupçonnez pas, vous, autant que vous êtes à lire mes façons, à sonder mes humeurs, à donner la leçon. Sous un toit loin d’ici, dans une ville que je ne connais pas encore… une fenêtre ouverte. 

Rien ne révèle ce que je suis. Ni l’encre sympathique de mon entrain, ni le verbe acéré de ma mauvaise foi. Encore moins. Je suis sur des lisières qu’ils ne fréquentent pas, eux, autant qu’ils sont à tenir le cordeau, à longer la rigole, à flatter les corbeaux. Au creux d’un chemin creux que je ne connais pas encore, dans une trouée du feuillage… un reflet soudain.

Rien ne révèle où je vais. Ni l’air que je déplace, ni la trace fuyante surlignée par le curseur de la machine. Encore moins. Je vais au plaisir du hasard comme nous le faisons tous, nous, autant que nous sommes à brûler les deux bouts, à flairer les occases, à survivre debout. Au bord de la falaise du ciel que je ne connais pas encore… une étoile hésite.

 Jean Pauly, "Bordures du Champ secret"

16 mai 2013

L'arbre du temps Après cette fenêtre aux barreaux

Page d'écriture au Bar en Zinc

L'arbre du temps

Après cette fenêtre aux barreaux grillagés,
Survit un petit arbre pensif,solitaire,
Aux racines qui giclent tout au fond de la terre
De la maison d'arrêt. Là, sont les encagés.

Si loin sont la femme et l'enfant.

C'est l'arbre balancier de ce temps détenu,
Ses bourgeons puis ses feuilles, ses fleurs et la jonchée.
Un an dit le tilleul de ces quatre battées.
Et mon coeur, lui aussi, est comme un arbre nu.

Si près sont la femme et l'enfant.

Ce haut mur de briques a découpé ma vie
Et enclos mes erreurs, mon présent de chagrin,
La solitude à quatre et l'avenir lointain.
Derrière, si près, je sais les parfums que j'envie.

Revoir, revoir femme et enfant ?

Dans la cour des pas lents où passe ma vie piètre,
Survit un petit arbre têtu et solitaire.
Comme lui tenir, tenir, être encore et se taire.
Retrouver des poignées aux portes, aux fenêtres.

Revoir d'infinis paysages.

Bernard Stimbre, "Petits ors du temps"

2 mai 2013

"[...] ma province est à la fois une et multiple,

Le Moutier-d'Ahun

"[...] ma province est à la fois une et multiple, ici brumeuse, là soleilleuse, parfois âpre, ailleurs tendre, tantôt subtile, tantôt rude, résignée dans sa pauvreté pouvant voisiner avec la misère, puis soudain porteuse de révolte, d'audace et d'espoir, mais toujours, terre de collines et de vallées, de sources, de ruisseaux, de rivières, de prairies et de châtaigneraies, de villages plus que de villes. Terre ancienne qui suscite le songe et la légende, et dont la beauté n'est jamais voyante ni frivole, mais voilée de grâce et de mystère. De même le caractère de ses fils et de ses filles est-il la plupart du temps marqué de réserve, de discrétion, mais aussi d'une attentive et tenace volonté et d'une aspiration profonde à rejoindre ce qui est caché au-delà des apparences (au-delà des clôtures mauves des collines à l'horizon), enclin ainsi à rechercher et à vénérer l'énigme de la beauté. [...] Bref les terres limousines sont terres de poésie."

Georges-Emmanuel Clancier, "Limousin : Terre secrète"

Publicité
<< < 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 20 30 40 > >>
Publicité
La Creuse, de reflets en ballades

Tous les auteurs de ce blog sont
ici


Publicité
Newsletter
Publicité