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La Creuse, de reflets en ballades
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3 novembre 2013

Cette heure-ci Souvent vers cette heure–ci, je te

La Creuse au Breuil

 

Cette heure-ci

 

Souvent vers cette heure–ci, je te téléphonais

Et toujours le dimanche

Faut-il jeter des cailloux dans l’eau noire ?

J’ai mal de ta voix qui sans savoir savait

Toujours, c’est en novembre

L’ombre sourd des mares, des flaques et de l’étang

L’ombre sort des murs et je t’entends

Qui sans savoir savait

Mais oui, c’est moi, c’est moi encore

Caillou perdu depuis longtemps qui sans cesse refait l’onde

 


Jean-Paul Raffel

 

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21 juin 2013

Sōlus La solitude, c’est saluer son reflet s’il

Ciel nébuleux

Sōlus

La solitude, c’est saluer son reflet s’il vous répond d’une autre langue
Robinson fabrique Robinson
- Pardon si vous-vous reconnaissez, dirait-il au miroir, c’est assez calme ici pour qu’on s’entende.
Mais le miroir éclaire une rue vide
Tous chagrins d’amour, fâcheries
Toutes dépressions, paresses
Querelles, deuils, chamailles, oublis
Amis et grands oiseaux perdus, sans vous, il reste tant de jours
Pour être enfin seul, il faut que je m’invente.

Jean-Paul Raffel, "Dormir la fenêtre ouverte"

2 juillet 2013

"Aujourd'hui, ce qui me relie aux vaches, c'est

Limousines creusoises

"Aujourd'hui, ce qui me relie aux vaches, c'est mon goût pour l'herbe; non pour le fourrage, mais pour l'herbe comme sujet de mon travail. J'ai dessiné et peint l'herbe devant le seuil de mon atelier durant dix ans. Le constat le plus curieux est que, si l'on regarde bien, l'herbe n'est pas verte : les trèfles sont bleus, les graminées ocre, etc. L'herbe seule se dépigmente au regard. Mais si par chance surgit une vache limousine, rousse ou froment, ou ocre rouge, ou brique, le pré devient véritablement vert et les vaches encore plus rousses. On l'aura compris, les couleurs s'exaltent par complémentarité. Ce phénomène bien connu des physiologistes, des peintres et des vaches, explique pourquoi, en Charolais, où les vaches sont blanches, l'herbe est noire."

Henri Cueco, "Journal d'un peintre"

10 juin 2017

Adrien avait passé le tracteur tondeuse. La

Les herbes folles

Adrien avait passé le tracteur tondeuse. La pelouse était impeccable. Il lui restait juste un petit mètre carré lorsque l'engin tomba raide en panne! Augustine n'allait pas apprécier ce petit mètre carré d'herbes folles dans le jardin. Bien sûr, elle allait lui reprocher cette faute de goût qui portait préjudice à sa réputation dans le voisinage. Faut dire qu' Augustine exerçait le métier de Directrice des Ressources Humaines. Madame la DRH excellait surtout à la maison lorsqu'il fallait exploiter les ressources de son mari Adrien. Là au moins, elle n'avait pas les syndicats dans les pattes. Bref, Adrien allait devoir éradiquer cette nature rebelle à la main. Dans le garage, il trouva une vieille faucille dans une caisse de marteaux rouillés. Machinalement, il alluma la radio comme il le faisait toujours lorsqu'il s'isolait dans le garage pour fumer Sa cigarette ( après une longue négociation, c'est la seule concession accordée par Augustine: 1 cigarette par jour). Radio Nostalgie diffusait des titres de la fin des années 70. 
"Vous n'aurez pas ma fleur. Celle qui me pousse à l'intérieur...". Adrien reprenait le refrain "Vous n'aurez pas à fleur..." en se dirigeant faucille à la main vers ce foutu carré d'herbes folles. "Vous n'aurez pas..." et Adrien s'arrêta d'un seul coup raide en panne. Enfin, c'est une façon de dire qu'il s'arrêta brutalement comme une machine privée d'énergie. 
"Adrien, mon chéri, dépêche toi voyons, les voisins vont bientôt rentrer" s'écria Augustine. 
Adrien se retourna, contempla les 499 mètres carrés de pelouse impeccablement tondue plus 1 mètre carré d'herbes folles. Il fit demi-tour, se dirigea vers le garage, prit son paquet de cigarettes, s'installa au milieu des herbes folles en s'écriant à tue-tête : 
"Vous n'aurez pas ma fleur. Celle qui me pousse à l'intérieur." 

Morale: il faut se méfier des herbes folles lorsqu'elles trouvent le chemin pour se refléter dans les eaux endormies des rêves adolescents. 
"Vous n'aurez pas ma fleur. Celle qui me pousse à l'intérieur." François Béranger.

 

Florentine

 

13 septembre 2016

Sur les bords de la Gartempe, l'été s'étire

Vision

Sur les bords de la Gartempe, l'été s'étire longuement, toujours généreux.
Il plonge ses lumières dans la rivière où s'éveillent des transparences fragiles.
Nous goûterons encore quelques jours ces siestes savoureuses sur les berges ombragées où le crépuscule nous surprendra un peu plus tôt chaque soir.

Ariane Adam

 

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30 décembre 2015

Noir et blanc. Domino funeste, acteur d'un

Dissolution

Noir et blanc.
Domino funeste, acteur d'un sinistre carnaval, vomit terreur, haine et mort.
Blanc et noir. 
Le linceul scarifie le bitume, ce soir d'automne si doux.
Noir et blanc.
Une larme d'encre sillonne la joue blême d'un Pierrot chancelant et endeuille la page blanche.
Noir sur blanc.
Les titres des journaux.
Les mots qui écriront les pages de demain sur le filigrane des noms de ceux qui sont tombés.
Bleu 
Le ciel pour continuer.

Ariane Adam

 

29 octobre 2015

Microcosme

Chaque fin de semaine, une photoUn poète, passant par-là, s'en inspirera peut-être. Ou peut-être pas.

Trois reflets ont la chance de participer au Salon d'artistes à l'office de tourisme d'Ahun

du 12 octobre au 14 novembre 2015

(plus d'informations ici)

 

Microcosme

Vie extraterrestre. Effervescence et extravagance. (fw)

 

5 juillet 2015

barcarolle ............................ opéra de

Honfleur

barcarolle


............................

opéra de nuit
la note bleue de la romance
florence et venise

............................

tissage des lumières
chassés croisés des gondoles
trame de rêveries

............................

ondes vibratoires
les traces des rames cadencées
sillage assagi

............................

façades noyées
navigation en solo
au petit matin

............................

chanter sur les flots
dormir à la belle étoile
le patchwork du coeur

............................

andrée wizem

 

11 août 2015

andante ............................ romance au

Meschers (Charente-Maritime)

andante
............................
romance au balcon
une pensée océanique
le sel de la peau
............................
des embruns légers
les consonances dansantes
friselis d'écume
............................
musique aérée
silences à la partition
les deux mains égrènent
............................
bémol à la basse
le partage des eaux iodées
est un rêve nu
............................
un pizzicato
slap slap slap slap slap slap slap
vogue la galère
............................

andrée wizem

 

30 juin 2015

romancero............................par dessus

Beaulieu-sur-Dordogne

romancero
............................
par dessus les murs
réverbère de nos pensées
sous l'arbre plumeau
............................
un grain d'émulsion
hisser haut blancheur nacrée
l'écume des jours
............................
loup y étais tu
dans le tréfonds de l'étang
les yeux malicieux
............................
valsez les chansons
le haut lieu d'une guinguette
chatouille nos ouïes
............................
qu'on le veuille ou non
à la surface des eaux
l'effet démesure
............................

andrée wizem

 

29 mars 2015

"Immobile. Pétrifié. Comme Muriel Hauchecorne, et

La pierre

"Immobile.

Pétrifié.

Comme Muriel Hauchecorne, et comme cette chose là-haut.

Tony Lemétais s’était arrêté au milieu de la route, était descendu de vélo. Lui aussi se demanda s’il ne rêvait pas. Bon nombre des premiers témoins eurent cette pensée. Beaucoup se figèrent, d’autres prirent la tangente, qui pour aller claironner la nouvelle, qui dans un mouvement de fuite panique. D’autres encore reculèrent ou au contraire s’approchèrent à pas mesurés. Certains même se hissèrent sur la pointe des pieds. Personne n’eut le ridicule d’aller chercher un escabeau.

 

Ceux qui avaient leur portable sur eux prirent des photos. Les premières étaient un peu sombres, forcément. Mais, en quelques minutes, elles firent le buzz sur la Toile.

 

Cynthia Malandain avait d’abord vu un nuage, tout en trouvant bizarre son opacité ; il formait une tache vraiment sombre sur le jour naissant. Une fumée d’incendie ? Mais ça ne bougeait pas d’un poil, ça gardait des contours nets et fixes, qu’est-ce que c’était ? Un dirigeable ? Trop irrégulier de forme. Elle avait roulé encore quelques centaines de mètres puis s’était garée sur le bord de la route, à l’entrée d’un chemin qu’elle suivait maintenant. Elle avançait dans la direction de la chose suspendue dans le ciel, regardant fréquemment autour d’elle. C’est ainsi qu’elle aperçut un groupe de cinq ou six personnes arrêtées un peu plus loin sur la route, et que tout à l’heure un bouquet d’arbres lui avait masqué. Elle vit aussi, loin devant elle, une femme suivie de deux chiens, un noir et un blanc, sortir de son clos-masure comme pour chercher du secours.

C’était Muriel Hauchecorne, qui mue par l’indécision allait un peu se rendre compte. Les chiens aboyèrent, mais à cause de la femme sur le chemin. Pas à cause de cette chose là-haut. Cette chose sans nom. Spontanément Muriel la baptisa la Patate.

Les sirènes retentirent. Ceux qui avaient leur portable sur eux avaient aussi appelé les pompiers.
[...]"

 

Louis Racine, "La Pierre", Les feuilletons de Louis Racine

Pour lire la suite, c'est ici !

 

10 février 2015

"Puisque le silence allie la précautionà la

L'étang de froid

"Puisque le silence allie la précaution
à la tristesse,
puisque
ce que l'on pense ne doit pas être pensé,
pourquoi s'adonner encore
à l'art des mots ?
Si la neige avait attendu
la parole,
il lui aurait fallu une éternité de plus
pour amener la blancheur au flocon."

François Jacqmin, "Le livre de la neige", Editions de La Différence

 

24 novembre 2014

Recule un peuDécolle ton nezLaisse les feuilles

Impressions d'automne

Recule un peu
Décolle ton nez
Laisse les feuilles mortes
Dire l'automne
Laisse l'étang
Parler par ses reflets
Recule encore un peu
Dénoue ton regard
Regarde la terre
Comme elle est petite
Éloigne-toi encore
Et ne t'intéresse
Aux plus petits points
Que s'ils dévoilent le tout
Alors tu verras dans la glaise
Qui a fait l'Homme
La pureté spectrale
Qui anime toutes choses

Julien Hoquet

 

4 novembre 2014

Elle m'a dessillé le regardEt j'ai encaissé ce

Les temps qui courent

Elle m'a dessillé le regard
Et j'ai encaissé ce coup de lumière
Vous dirai-je ce que j'ai vu?
Ces éclisses de glace
Ces écailles d'éclairs
L'éblouissement
Vous le dirai-je?
L'aveuglement
La fascination de la nuit
Le poignard et l'aurore
Vous les dirai-je?
La vérité coruscante
Qui m'a laissé à genoux
Dans les ténèbres
Les yeux à jamais fanés
Vous la dirai-je?

Julien Hoquet

 

5 avril 2014

"On cherche le destin au sens de la raison. Le

La maison hantée

"On cherche le destin au sens de la raison. Le reste est mieux caché aux coins de la maison et dans les replis de la tête, de la bouche qui souriait derrière les barreaux qui gardent la fenêtre.
Chef-d'oeuvre vide qui roulait, actif dans l'infini et le temps qui s'arrête.
Un rayon de soleil déchire la nuée - mais l'ombre de l'oubli est déjà toute prête."

Pierre Reverdy, "Sable mouvant", Poésie/Gallimard

 

17 juin 2014

"Oh ! Ma fenêtre intérieure donnant sur un noir

La fenêtre condamnée

"Oh ! Ma fenêtre intérieure donnant sur un noir d'âme tel une encre illisible
dans une existence passée comme une ligne hors de la page
[...]
Oh ! Mes fenêtres closes définitivement
je me suis tant penchée pour voir venir ceux que j'aimais
et toujours ils sont venus et moi de même espérée"

Claude Ber, "Sinon la transparence", Editions de l'Amandier

 

14 mai 2014

"L'église est un conte de fées, un perpétuel

L'église de Fransèches

"L'église est un conte de fées, un perpétuel coucher de soleil aperçu au fond d'un bois. L'église est un lieu de rendez-vous où l'on est sûr de rencontrer des gens qui vous estiment, parce que votre seule présence vous recommande et les édifie. L'église pour qui la fréquente devient le centre de la vie; elle jette ses arceaux et ses portiques par-delà les montagnes et la mer. La physionomie de l'église est mobile et diverse, autant qu'universelle. Elle peut ressembler à une épopée et à un poème burlesque."

Marcel Jouhandeau, "Chaminadour: contes, nouvelles et récits", Gallimard

 

25 mars 2014

"Et la terre peut faire la roue de toutes ses

Le printemps enfin

"Et la terre peut faire la roue de toutes ses plumes, de tous ses feuillages, et des yeux innombrables qui lui lient le corps et qui le multiplient, miroir des gouttes d'eau comme des arcs-en-ciel.
Elle peut bien crier d'orgueil, elle peut bien rire de joie, elle est belle, immense et rayonnante. Elle a juste quinze ans et tous les horizons lui mirent son image."

Marcelle Delpastre, "Cinq heures du soir", Terre de poche

 

28 février 2014

"Ce dédale, c'est ma maison. Exposée à tous

La maison cachée

"Ce dédale, c'est ma maison. Exposée à tous vents. Friable mais tenant bon. Paradoxalement transparente. Immense ou exigüe selon l'humeur. Reconnaissable de loin, du moins je l'espère, car j'ai à coeur l'hospitalité qui ne se plie à aucune loi. Ma porte n'est pas munie d'un heurtoir. On la pousse par pur désir et conscience d'un certain risque. Parmi mes visiteurs, j'ai un faible pour l'égaré. [...]

Voici donc la maison qui m'habite
Comment pourrais-je la déserter ?
J'y suis
j'y reste
j'en accepte l'isolement
[...]"

Abdellatif Laâbi, "L'automne promet", Editions de la Différence

 

15 février 2014

"Ecrire ce pays et bientôt s'apercevoir que le

Bordures

"Ecrire ce pays et bientôt s'apercevoir que le fouillis des paragraphes, des lignes raturées, des mots hachurés, ressemble à s'y méprendre à ce que l'on cherche à décrire : un paysage en toile à sac, une étoffe rustique composée de lambeaux dont la trame et la chaîne révèlent la nature des fibres, lin et chanvre, soumise au broyage et au treillage avant d'être filées à la quenouille et au rouet. Une sorte de drap grossier, de tiretaine, moitié fil, moitié laine simplement cardée. [...]
S'en tenir là. Ne plus avancer le moindre mot et, sous le couvert de la lisière, entre chien et loup, ne plus observer le monde qu'à la dérobée, avec, dans le regard, l'immémoriale crainte des bêtes. faire silence. Et disparaitre."

Alain Galan, "Lisières limousines", Editions Lucien Souny

 

25 novembre 2013

« L’homme écoute l’écho de la conversation muette

Bouleaux au Puy

« L’homme écoute l’écho de la conversation muette entre l’arbre et le flot, entre l’image et l’arbre. Un murmure lui monte à son cœur, un doute le prend à la gorge. Suis-je moi-même sans mon ombre ? Suis-je mon corps ? Suis-je mon ombre ? Et l’homme s’évertue à consommer le choix, à rattraper son ombre. »

Marcelle Delpastre, "Cinq heures du soir"

21 novembre 2013

« Nous le savons, l’eau et la vie coulent d’un

Le pont de Saint-Martial-le-Mont

« Nous le savons, l’eau et la vie coulent d’un sens que rien ne contrarie, en dépit des plus rares contraintes. Et jamais rien ne recommence, ni le bonheur, ni l’expérience, ni les plus infimes sollicitations, les poussières les plus dérisoires, ni rien qui soit le même, une seconde fois. »

 

Marcelle Delpastre, « Cinq heures du soir »

6 novembre 2013

conte à rêver debout laissons la mare au diable à

La Creuse au Breuil

conte à rêver debout

 


laissons la mare au diable

à ses crapauds ampoulés


les ronds dans l'eau

ont fini par épuiser nos tristesses


le ploc d'un petit caillou

fait trembler une gamme sonore

sur la vitre


entre les gouttes s'épanouit le lobe vert

d'un nénuphar


toute ouïe

l'eau stagnante est à l'affût de la libellule

transparente et bleue

 

andrée wizem

 

28 septembre 2013

Une pincée d'automne

Chaque fin de semaine, une photo. Un poète, passant par là, s'en inspirera peut-être. Ou peut-être pas.

Quelques photos de ce blog, et d'autres, seront exposées à l'Office de Tourisme d'Ahun

du 3 septembre au 3 octobre 2013

 

Automne à St-Sulpice-les-Champs

Aujourd'hui, c'est l'automne. Le printemps n'est pas si loin. C'était hier et c'est demain. (fw)

 

15 mai 2013

"tant d'énigmes pour si peu de mots vies

Page d'écriture au Bar en Zinc

"tant d'énigmes pour
 si peu de mots

vies éphémères des pages
que nous incisons
de signes éternels

étiage de la parole
crue de l'énigme

poème que ses mots brûlent
mais cette cendre ô cette nuée
de cendre
quel orpailleur de futur
lui donne sens désormais

sensation d'un plein mortel
se lovant dans une peau
de silence"

Bernard Blot, "Des raisons d'errances"

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