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La Creuse, de reflets en ballades
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5 juin 2013

"[...] J'ai vu le paysan obligé à l'exil - il a

La vieille maison

"[...] J'ai vu le paysan obligé à l'exil - il a vendu les chèvres, les chevaux, les vaches - il a vendu sa terre, il s'est vendu soi-même. C'est comme s'il se vendait soi-même. Et c'est peut-être pire que la mort. - Je pourrais - ah oui, je pourrais dire ! Je recommencerai.
   Je recommence. Je suis l'éternelle enfance."

Marcelle Delpastre, "Cinq heures du soir"

 

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31 mai 2013

"Car les saisons se moquent des éphémérides.

L'étang de pluie

"Car les saisons se moquent des éphémérides. [...] Parfois, comme ce soir, le ciel vire à une sorte de gris que l'on obtient en mélangeant sur la palette du bleu céruléen et de l'ocre jaune. D'autres jours, il tend plus franchement vers le gris de Payne et se confond à la brume qui monte des étangs. Ou bien il se dilue sous la pluie et se mêle à l'haleine des pêcheries et des pièces d'eau, flaques de lumière pâle abandonnées au milieu des terres comme des silex de lointaine mémoire."
 
Alan Galan, "Lisières limousines"

30 mai 2013

"C'est vrai. Le temps, le temps météorologique,

L'étang de pluie

"C'est vrai. Le temps, le temps météorologique, le temps qu'il fera, le temps tenait beaucoup de place dans les dictons, les proverbes et les croyances, et les observations que cela suppose. C'est qu'il tenait beaucoup de place, et chaque jour, dans les préoccupations, et plus souvent la pluie que le soleil. Car le soleil ici fait rarement du mal - ce que le soleil laisse vaut mieux que ce que la pluie apporte -, et de toute manière, quand la pluie ne s'annonce pas, c'est qu'il fera beau temps.
Et la pluie, il en faut. Celle de février, qui vaut du fumier. Celle d'avril, qui fait pousser les poils. [...] De toute manière, l'eau de janvier ne vaut pas un denier, et celle de mars pas un liard."

Marcelle Delpastre, "Les chemins creux"

10 mai 2013

"Et comme les eaux de la Vézère qui continue à

Ecorce de bouleau (détail)

"Et comme les eaux de la Vézère qui continue à couler dans son lit au fond du lac de Siom en lui donnant sa couleur et son volume, c'est à la langue de Bernard de Ventadour que je pensais en écoutant la vieille dame : une langue à la fois tout autre et cependant parente, quelque chose qui s'était officiellement tu il y a longtemps mais qui avait persisté à bruire dans ces rameaux solitaires qu'on appelait les patois et qui laissaient entendre un peu de cette langue d'oc défaite par le français mais dont le français, tel qu'on le parlait sur les hautes terres, était travaillé en profondeur [...]."

Richard Millet, "Ma vie parmi les ombres"

4 mai 2013

"Pas si facile, le Limousin, à mettre en mots et

Le Moutier-d'Ahun

"Pas si facile, le Limousin, à mettre en mots et en phrases, c'est un territoire en demi-teintes, qui ne se livre pas d'entrée de jeu. Non qu'il se cache, il n'est pas si timide, mais il a la fierté des pauvres, il ne quémande pas la sympathie, encore moins la pitié. Ses forêts, son bocage, ses villages serrés autour d'églises trapues comme des blockhaus le cachent aux regards pressés. Il n'a pas de ces paysages grandioses ni de ces monuments répertoriés par l'histoire de l'art, qui incitent aux effusions lyriques."

Georges Châtain, "Balade en Limousin ; sur les pas des écrivains"

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27 avril 2013

"Ah ! je parle souvent de la fleur, moi, de

Les herbes passées

"Ah ! je parle souvent de la fleur, moi, de l'arbre, de la plante. Celles qu'on nomme par leur nom, dont on sait la couleur, le parfum et la forme - et les autres. J'en parle souvent. Qu'ai-je d'autre à prétendre au bonheur, sinon la rencontre des fleurs et des herbes ? Même les ronces gagnent sur la ferraille, la rouille, et toutes les ordures - l'ortie, la ronce, la chélidoine, avec le géranium Robert qui pue comme les cent diables... D'accord - j'élude. De digression en lassitude, je finirai bien par me taire"

Marcelle Delpastre, "Cinq heures du soir"

23 février 2013

"Le miroir et l'arbre se regardent. Et l'arbre

Les deux bouleaux

"Le miroir et l'arbre se regardent. Et l'arbre demande au miroir: Es-tu véridique? Me dis-tu la vérité?" Et le miroir répond: "moi? Je suis le miroir, moi, je ne suis pas un arbre."
"Quiconque passe, il peut se voir s'il se regarde en moi, il peut voir son image. Ou l'image des arbres, du mur, de tout le paysage. Si seulement il me regarde. Mais pour autant je ne suis pas ni l'arbre ni le paysage, ni le passant. Le passant, il passe, il ne m'emporte pas, il ne s'emporte pas non plus son image, et moi je ne le garde pas."
C'est l'arbre qui se regarde! Et las de se connaître, par la feuille et la racine, dans le miroir des eaux, du ciel et des mirages, subitement, il se reconnaît."

Marcelle Delpastre, "Cinq heures du soir"

5 mars 2013

"Bientôt, le givre du matin cristallise les

Traces à Lavaud-Gelade

"Bientôt, le givre du matin cristallise les toiles d'araignées. Le silence des jours de neige apaise la campagne. Pourtant, des empreintes trahissent encore la vie. Pattes d'oiseaux, merles ou autres rougegorges, chevreuil, renard, blaireau, loutre sur l'eau gelée... Puis la neige disparaît, sans trop prévenir. L'hermine, trop facilement aperçue, porte encore son pelage blanc, censé la camoufler."

Hélène Joly, "voyage (s) en Millevaches..."

4 février 2013

Le rêve s'insinue sans bruit, en

le viaduc

Le rêve s'insinue sans bruit, en hésitant.
Toujours le même.
Le souvenir est d'abord en errance parmi des formes confuses, mais rassurantes.
Il te cherche.
Puis, dans une discrète harmonie, se tisse le fil qui nous relie.
L'instant d'un rêve.
Sur ce viaduc imaginaire et éphémère, les souvenirs ne circulent que dans un sens.
Le rêve se dissipe discrètement.
Il reviendra demain.

Vygo

20 février 2013

"Je me le dis: j'y descendrai un jour. Je suivrai

La maison au loin

"Je me le dis: j'y descendrai un jour. Je suivrai ce talus, ce chemin, cette route entre les clôtures. Cette maison là-bas, dont se voient le pignon et le toit, je la contournerai, j'en trouverai la porte. Là-bas je ne sais pas - mais je commencerai, mais je la reconnaîtrai, mais j'entrerai...
    ... Ne provoque pas le temps. Il faut attendre.
    N'insulte pas le temps. Il suffit d'attendre."

Marcelle Delpastre, "Cinq heures du soir"

17 septembre 2015

La Flotte-en-Ré (Charente-Maritime)

C'est l'été ! Les Reflets partent en vacances mais enverront des cartes postales au gré de leurs escapades

(pour n'en manquer aucune, abonnez-vous)

Bien sûr, les réponses des poètes inspirés sont toujours les bienvenues ! (par "Contactez l'auteur")

 

La Flotte-en Ré

Fin d’été. Espoirs d’un port d’attache envolés. (fw)

 

28 août 2015

Escamps (Lot)

C'est l'été ! Les Reflets partent en vacances mais enverront des cartes postales au gré de leurs escapades

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Bien sûr, les réponses des poètes inspirés sont toujours les bienvenues ! (par "Contactez l'auteur")

 

Escamps

Sur le causse, sous le soleil, le village se dessine. (fw) 

 

27 décembre 2015

Luttes solsticiales

Chaque fin de semaine, une photoUn poète, passant par-là, s'en inspirera peut-être. Ou peut-être pas.

 

En décembre, les reflets se posent et s’exposent

au Temps de Vivre à Aixe-sur-Vienne (87)

(Plus d’informations ici)

 

 

Lutte solsticiale

L’automne résiste et se bat, mais vit ses derniers jours. L’hiver veut la place. (fw)

 

22 octobre 2015

Gerris

Chaque fin de semaine, une photoUn poète, passant par-là, s'en inspirera peut-être. Ou peut-être pas.

Trois reflets ont la chance de participer au Salon d'artistes à l'office de tourisme d'Ahun

du 12 octobre au 14 novembre 2015

(plus d'informations ici)

 

Gerris

Drôle d’histoire : deux hommes sur un pont et une araignée au plafond. (fw)

 

14 août 2015

Meschers (Charente-Maritime)

C'est l'été ! Les Reflets partent en vacances mais enverront des cartes postales au gré de leurs escapades

(pour n'en manquer aucune, abonnez-vous)

Bien sûr, les réponses des poètes inspirés sont toujours les bienvenues ! (par "Contactez l'auteur")

 

Meschers (Charente-Maritime)

Voyage : larguer les amarres et hisser les voiles pour mettre les bouts et prendre le large. (fw)

 

17 février 2015

La feuille caresse les textures de la paroi de

Réminiscence

La feuille caresse les textures de la paroi de verre, le grain léger de sa transparence, la pâte plus dense de ses ombrures...
Empruntera-telle les obliques ou les verticales de sa géométrie incertaine?
Jouera-t-elle au cerf-volant pour remonter vers les bulles?
A moins qu'elle ne choisisse la basse horizontale qui nappe les racines de cette architecture vitrée?
La feuille rêve de Murano...

Maria Ardouin

 

29 décembre 2014

"Alors, on regarde et on rêve; ce n'est pas

Effervescence

"Alors, on regarde et on rêve; ce n'est pas vraiment une lecture, une recherche; on laisse venir, on laisse aller les images. Les premières qui se présentent à l'esprit ne sont pas nécessairement les plus simples, les plus naturelles, ni les plus justes; au contraire, ce sont plutôt les toutes faites, celles des autres, celles qui flottent, toujours disponibles, en vous.
[...]"

Philippe Jaccottet, "Paysages avec figures absentes", Poésie/Gallimard

 

24 mai 2014

"Conseils venus du dehors: certains lieux,

l'arbre-poète

"Conseils venus du dehors: certains lieux, certains moments nous "inclinent", il y a comme une pression de la main, d'une main invisible, qui vous incite à changer de direction (des pas, du regard, de la pensée); cette main pourrait être aussi un souffle, comme celui qui oriente les feuilles, les nuages, les voiliers. Une insinuation, à voix très basse, comme de qui murmure: regarde, ou écoute, ou simplement: attends. Mais a-t-on encore le temps d'attendre, la patience d'attendre ? Et puis, s'agit-il vraiment d'attendre ?"

Philippe Jaccottet, "Cahier de verdure", Poésie/Gallimard

 

8 avril 2014

Le mystère Une tache blanche perdue dans la

La maison hantée

Le mystère

Une tache blanche perdue dans la forêt. Au loin. Etrange.
Elle s’approche avec Jolly Jumper, son appareil photo (oui, c’est curieux mais c’est comme ça qu’elle l’appelle à cause de leurs chevauchées par monts et par vaux, comme on dit). Donc elle s’approche, et plus elle s’approche et plus la tache blanche grandit. Comme c’est bizarre, (elle a dit bizarre; enfin c’est ce qu’on raconte). Elle s’éloigne, et plus elle s’éloigne et plus la tache blanche diminue. Comme c’est bizarre, dit-elle. Résolue, elle décide d’aller voir de plus près.
La tache blanche devient une maison ! Et plus curieux, cette maison fume. Elle avance encore mais JJ (oui, c’est Jolly Jumper mais quelquefois pour dégainer vite fait une photo, elle l’appelle JJ); donc JJ freine des quatre fers (oui, il faut préciser que cet appareil photo est un ancien modèle avec des fers qu’il faut changer régulièrement). Des perles de pixels suintent de son objectif : JJ sent un mystère planer (là, on ne sait pas exactement pourquoi les mystères ont tendance à planer).
Avancer ou reculer, percer le mystère ou le laisser en paix ? Tout s’est joué très vite: JJ s’est cabré dans la position idéale et en un seul clic (normalement, c’est le bruit que fait l’appareil photo), c’était fini.
Le mystère continue de planer comme en témoigne la photo. Parfois, c’est mieux ainsi. Et puis, les mystères sont si beaux quand ils planent.

Vygo

 

7 février 2014

"Il faut que j'invente la neige. La neige

L'étang de neige

"Il faut que j'invente la neige. La neige d'abord. Blancheur. Longue étendue de plaine, d'espace, blancheur étendue que l'aurore découvre encore vierge.
La neige et sa fraîcheur de sève fraîche, de chair endormie. Lenteur qu'un arbre au loin sans feuilles immensément mesure. Fraîcheur."


Marcelle Delpastre, "Le chasseur d'ombres et autres psaumes", Edicions Dau Chamin De Sent Jaume

 

16 août 2013

Tableau :La nuit s’étend discrètement.Le silence

Ciel de soir

Tableau :
La nuit s’étend discrètement.
Le silence s’assombrit.
Le jour vacille.

Interrogations :
Sa lumière est-elle malicieuse ou agonisante ?
Aujourd’hui,
D’un clin d’œil complice, elle semble me dire :
« N’aie pas peur, je reviendrais ».
Mais demain ?
Flamme d’une bougie qui hésite mais triomphe, ou
Flamme d’une bougie qui tremble puis s’éteint ?

Espoir :
Demain, peut être que…
La nuit se retirera délicatement.
Le silence se fera d’or.
Le jour se lèvera, hébété.

Peut être bien…

Vygo

16 juillet 2013

Sidération.Les secondes se perdent dans le

Chevreuil à La Brutine

Sidération.
Les secondes se perdent dans le temps.
L'espace se rétracte.
Deux êtres se rencontrent.

Synchronisation.
Une fenêtre s'ouvre.
Deux êtres se reconnaissent.
L'espace d'un instant.

Décrochage.
L'espace-temps impose sa réalité.
Le charme s'y dilue.
Deux êtres se séparent.
La photo reste.

Un poète de passage

3 juin 2013

Une maison paysanne creusoise en 1876... "Dans un

La vieille maison

Une maison paysanne creusoise en 1876...

"Dans un acte de vente concernant des immeubles situés au village de La Breuille, commune de Saint-Merd-la-Breuille, on peut lire:
Un bâtiment construit en pierres, couvert en chaume, porté au plan cadastral de ladite commune, sous le numéro 120, section A, comprenant une petite maison d'habitation, ayant seulement un rez-de-chaussée éclairé par une porte d'entrée et une fenêtre, avec galetas au-dessus et une écurie et une grange à la suite; le tout se tenant sous le même faîtage...
Une chenevière appelée du Tilleul...
Une vache mère, âgée d'environ huit ans, sous poil noir.
Une génisse, âgée d'environ trois ans, sous poil rouge, marquée de blanc.
Deux génisses, l'une de quinze mois environ, sous poil blond, marquée de blanc, l'autre de neuf mois, sous poil rouge.
Un char à quatre roues.
Deux caisses et essieux de tombereaux.
Deux jougs avec leurs liens.
Huit attaches en fer.
Une araire avec ses accessoires.
Et trois faucilles..."

Guy Marchadier, "Glanes paysannes creusoises"

1 juillet 2013

"La délimitation entre la langue d'oil et la

Limousines creusoises

"La délimitation entre la langue d'oil et la langue d'oc, que l'on peut situer au nord-ouest de la Creuse, est assez rigoureuse pour qu'elle se traduise à l'intérieur d'un canton du sud. Sur les landes du plateau de Millevaches, la bergère dira à son chien pour qu'il ramène les vaches : "Vaï la care ! Vaï la care !" alors qu'à quelques kilomètres au-dessous, dans la vallée, on entendra, longuement psalmodié : "Veï lou quéri ! Veï lou quéri !"

Georges Nigremont, cité par G. Rossignol, "Le guide de la Creuse"

26 mai 2013

Soir de pluie "Sur l'eau d'un vitreux mat, vert

L'étang de pluie

Soir de pluie

"Sur l'eau d'un vitreux mat, vert bouteille foncé,
Des ronds, comme au compas, sont tracés par la pluie,
Chacun d'eux, forme frêle à l'instant même enfuie,
Étant par un semblable aussitôt remplacé.

Et puis, ce ne sont plus que des ombres de cercle,
Des fantômes de ronds toujours plus affaiblis
Sur le moutonnement, les plis et les replis
De l'eau vague où le soir met son brumeux couvercle.

[...]"

Maurice Rollinat, "Paysages et Paysans"

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