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La Creuse, de reflets en ballades
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22 octobre 2013

"M'attache à ces arbres isolés une force obscure

La trogne

"M'attache à ces arbres isolés une force obscure dont je sens le frisson - la transe - à fleur de peau. Cela tient chez moi du rituel indien, de la religion qui me lie à l'ancienne lignée des bêtes, au secret des plantes qui soignent, à un irrépressible besoin de lumière et d'ombre pour apaiser mon inquiétude et laisser, à couvert, mes songes."

Alain Galan, "Lisières limousines", Editions Lucien Souny 

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22 novembre 2013

Le pic noir Parlez-moi des collinesLa sauvagine

Le pont de Saint-Martial-le-Mont

 

Le pic noir

Parlez-moi des collines
La sauvagine est là
Les banquettes de pierre sèche
Et puis l'ami là-bas
Le village de Fransèches
La Marianne au pilier
Les pâtures, les halliers
Dans l'alvéole plus bas
Parlez-moi

Parlez-moi du pic noir
Qu'on ne trouvera pas
De son cri dans le soir
Et de l'ami là-bas
Reflètez-moi l'étang
Ciel verso, ciel endroit
Et la route en rêvant
Où se sentir chez soi
Parlez-moi

Gardez chaque mystère
sans rien dire, cette fois
Parlez-moi de la terre
Comme l'ami là-bas
C'est la pierre foyère
L'âtre et l'âme du bois
Montrez-moi la bruyère
La lande d'autrefois
Parlez-moi

Vingt et mille paysages
Un livre dans les bois
Un signe à chaque passage
C'est de l'ami là-bas
D'Antarioux en Brutine
Parlez-moi des collines
Et la brume des fonds
Creuse encore l'horizon
Parlez-moi

Au pont de Saint-Martial
Le temps mis à l'envers
Jusqu'à la fin du bal
Grâce à l'ami là-bas
Parlez-moi de retours
De cœur à ciel ouvert
De vie par le grand tour
De la mer au béal
Parlez-moi

Parlez-moi du pic noir
Qu'on ne trouvera pas
De son cri dans le soir
Et de l'ami là-bas

Il y a ceux qui paraissent
Il y a ceux qui ont
Il y a ceux qui vivent
Il y a ceux qui sont


Jean-Paul Raffel

10 juillet 2013

"Et l'on revient de nouveau à l'art. Celui des

Tapisserie d'Aubusson

"Et l'on revient de nouveau à l'art. Celui des cartonniers et des tapissiers, le monde de Lurçat, de Jean Picart le Doux ou de Dom Robert, mais aussi celui des ouvriers penchés sur leurs métiers, aux connaissances infinies et si mal rétribuées. Apparaît alors, récurrente, cette nécessité de la transcendance. Comme si l'environnement climatique, géologique, l'isolement du territoire, contraignaient au dépassement."

Jean-Guy Soumy, "couleur Creuse", Editions Lucien Souny

16 juin 2013

"J'ai vu , de mes yeux vu, se former ce nuage. Un

Ciel nébuleux

"J'ai vu , de mes yeux vu, se former ce nuage. Un ciel bleu, d'un bleu pur et sans trace. Je suis là, je regarde, couché dans l'ombre sur le dos, cette immense plage, bleue et plate, et jusqu'à l'horizon presque du même bleu, à peine pâle sur le bord, bleue, plate. Et là-bas ce point blanc que je n'avais pas vu. Un nuage. Je dis "un nuage" sans y croire. Et je regarde. La tache infime est un peu plus large. Et cela blanc s'écarte. Cela s'enfle. Cela se gonfle. Un souffle d'air qui le balance. C'est un nuage. Un beau nuage de beau temps, blanc né du bleu. L'air qui le chasse."

Marcelle Delpastre, "Cinq heures du soir"

26 juin 2013

"Un artiste éminent, qui a découvert aussi le

La Creuse au Moutier d'Ahun (détail)

"Un artiste éminent, qui a découvert aussi le village, et dont le nom se recommande de lui-même, est invité par nous à déjeuner le lendemain sur le rocher, et nous recommençons la partie de pêche et de friture au bord de la Creuse. Il est ravi de la douceur et de la grâce de cette nature. Il fait rapidement des croquis adorables.
Les peintres qui comprennent le vrai sont d’heureux poètes. Ils saisissent tout à la fois, ensemble et détails, et résument en cinq minutes ce que l’écrivain dit en beaucoup de pages, ce que le naturaliste ne pénètre qu’en beaucoup de jours d’observation et de fatigue. Ils s’emparent du caractère des choses, et, sans savoir le nom des arbres et la nature des pierres, ils font le portrait des aspects sentis, portrait pénétrant et intelligent, saisissant et fidèle, sans l’effort des pénibles investigations.
Ils écrivent la vie et traduisent le champ de la nature dans une langue dont les difficultés mystérieuses nous échappent, tant elle paraît claire et facile quand ils la possèdent bien."

George Sand, "Promenades autour d'un village"

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20 juin 2013

Les mâchoires du ciel Nuage létalParticules

Ciel nébuleux

Les mâchoires du ciel

Nuage létal
Particules fractales
                      Qui s'entrechoquent
Le vent sanguinole
Un magma rouge dégringole
                          Sur les hommes
Fureur des cieux, haine des hommes,
La terre suinte, se craquelle et hurle
                         Son épouvante
Des âmes fracturées démantibulées élèvent leur cri,
Expirent leur désespoir
Et fuient vers l'infini originel.

Scarlett D.

17 mai 2013

Les plis Sur les bords de la Glane, les draps

Page d'écriture au Bar en Zinc

 

Les plis

Sur les bords de la Glane, les draps tachés, les draps brûlés, les draps souillés de haine,
deux femmes en plein soleil, soigneusement, replient le temps.
Deux femmes suppliciées replient le temps
Chaque pli, chaque pile, chaque passant
Chaque pas sur la ligne du tram à Oradour
Replie le temps
Un oiseau dans les ruines, un volet au vent
Ferment le ban
Les doigts des murs dressés vers le ciel
Les maisons crevées, les maisons exorbitées guettent
Sur la place d’Oradour où le vide prend source
Aucun écho, les rires, les jeux, les gens,
S’imaginent et disparaissent
Sur la place où rien ne s’entend, j’écoute la vie
J’écoute l’effroi
Tour à tour surgissent les chants,
La cour, l’école de filles
Tour à tour, la vie, l’effroi,
les rires les chants, les jours,
les loups les coups, les flammes, les innocents

Soigneusement, deux femmes sous le soleil, replient le temps
Derrière les murs d’Oradour
Deux femmes massacrées, deux femmes seules replient le temps
Et bercent leur enfant
Toujours elles recommencent, toujours elles plient
Rien ne s’oublie

Derrière les murs d’Oradour
Au loin, qui se rapprochent
De Hongrie, de Serbie, aux berceaux d’Europe
J’entends claquer les bottes
J’entends roter la haine
Plus elle se renforce, plus elle crie
Hier soir au journal, mécanique et scandée
La voix répète : "Autre, haine, Autre, haine!"
Le journaliste tente : « vous l’avez-déjà dit »
Mais elle bégaie son histoire
Sans s’occuper du bonhomme
Comme toujours
Toujours la même

Passant, souviens-toi
Tandis qu'elle vocifère.

 

Jean-Paul Raffel, "Bordures du Champ secret"

 

24 février 2013

Les racines bien ancrées dans leur passé

Les deux bouleaux

Les racines bien ancrées dans leur passé nourricier, deux bouleaux d'une éclatante témérité défient l'Incertitude.
Encouragés par de mystérieux éclats de lumière, ils avaient d'abord traversé le Doute, sombre et profond.
Puis, couverts de larges cicatrices, ils avaient fini par atteindre l'Ailleurs.
Là, soumis aux aléas du temps et des saisons, ils déploient leur séduisante et insouciante légèreté pour conquérir les regards les plus distraits.

Vygo

6 février 2015

"Que je l'oublie - que je lui parle - que je

Seuil

"Que je l'oublie - que je lui parle - que je l'insulte - que je l'appelle - tout autre, chaque fois tout autre, elle s'annonce et se dénonce dans un cri ou dans un silence, une pensée qui vous traverse, insolite et brusque, de part en part - une tache de sel - une trace de boue - sur le seuil, une ombre - l'envol d'une étoffe - le son d'une voix.
   Je la reconnais. Elle est là. Proche. Présente. Sûre.
[...]"

Marcelle Delpastre, "Cinq heures du soir", De Borée

 

2 mars 2015

"[...] pour approcher le cassé-bleu, celui par

La maison d'absence

"[...] pour approcher le cassé-bleu, celui par exemple du ciel infini, prenez une toile de Nicolas de Staël, comme «les barques dans le port» ou «les mouettes», ou bien encore tout autre chose «l'Empire des Lumières» de Magritte. Mettez outrageusement l'oeuvre à l'envers, tête en bas, posez-la, reculez-vous et asseyez-vous confortablement bien en face. Et regardez.

Le cassé-bleu, c'est lorsqu'inéluctablement votre esprit s'approche de la toile et vous donne envie de vous asseoir sur le cadre au bord du ciel à l'envers, les pieds dans le vide, qu'en quête de suspension vous vous jetez du bord du cadre dans un besoin de désaltération et que cette situation vous procure un bien-être infini. Le cassé-bleu c'est l'infini."

René Char

 

14 octobre 2013

Lueur Tiens, une échappée Je croyais pourtant

L'étang de Marlat

Lueur

 

Tiens, une échappée

Je croyais pourtant qu’il n’y avait aucune issue

Il faudra tout considérer autrement

A commencer par

La vie

Notre photographe révèle

Quelque vérité enfouie

Dans son regard

Et se rassure d’un détail

C’est qu’il ne fait jamais nuit partout

Au même moment

C’est déjà un peu de bonheur neuf pour ce soir

Même avec les yeux grands ouverts

 

 Jean-paul Raffel

27 juin 2013

Aux couleurs Pour ne plus oublier les

La Creuse au Moutier d'Ahun (détail)

Aux couleurs

Pour ne plus oublier les jours
Heureux
Hissez au matin les couleurs des eaux vives
Venez deux amants caresser ce qui reste de nuit
Si la rivière fait rire ses miroirs à danseuses

Pour ne pas oublier les jours
Heureux
Hissez  à midi les couleurs des eaux claires
Venez deux amants suivre à la ligne les moires les éclats
Si la rivière fait jouer ses notes du plein soleil

Pour ne rien oublier des jours
Heureux
Hissez encore au soir les couleurs des eaux libres
Venez deux amants goûter le chant du ruisseau
Pour voir aux yeux de l’autre tous les reflets du jour
Et le jour qui s’éteint dans les couleurs de l’eau

Si la rivière entraîne la chanson
Si la chanson emmène les amants
Si les amants enchantent leurs jours
Heureux.

Jean-Paul Raffel, "Dormir la fenêtre ouverte"

1 juin 2013

"Pluie printanière, amie du laboureur, qui

L'étang de pluie

"Pluie printanière, amie du laboureur, qui détrempe la terre dure et craquante, et fait monter près des nouveaux sillons, gras et bruns, le vert vif des blés d'automne. Les bourgeons étaient durs et gonflés; les poiriers annonçaient une abondante floraison pâle qui s'épanouirait au premier soleil. Des pastoures avaient entendu chanter le coucou. D'autres avaient vu des morilles au creux des basses prairies. L'hiver pleurait de mourir; le printemps pleurait de naître..."

Marcelle Tinayre, "L'Ombre de l'amour"

7 mai 2013

"[...] Nous sommes au bord de l'Auvergne, au bord

Ecorce de bouleau (détail)

"[...] Nous sommes au bord de l'Auvergne, au bord du Berry, dans un entre-deux boisé, parcimonieusement peuplé, avec toujours un temps de décalage depuis l'époque préhistorique ; les gens de menhirs, de pierres levées, peira levada, ont duré, perduré sans beaucoup de brassage, sans invasions majeures et peuplantes. Peut-être sommes-nous réellement des marginaux, et cela marque notre comportement : l'ambition, la trempe du caractère ? Cela ne date pas d'hier : après tout, qu'est-ce qui faisait désigner à Rabelais son jeune étourdi pédant, se poussant du col, comme un "eschollier lymousin"? Et pas un Normand, un Auvergnat, un Basque, un Savoyard, que sais-je ?... A qui faisait-il allusion au juste ? A un quidam sorti des bois d'un pays pauvre ? Sans doute. Des bois bien peuplés par des loups."

Claude Duneton, préface de "Balade en Limousin ; sur les pas des écrivains"

31 décembre 2015

Les années qui passent Ressemblent aux années qui

Dissolution

Les années qui passent
Ressemblent aux années qui viennent
Rien de nouveau dans la nuit
Nos amis disparaissent
Avec l’eau qui va
Nos souvenirs s’effacent
Avec le vent qui vient
Et nous répétons
Année après année
Les mêmes bêtises
Rien n’est jamais vraiment fini
Tout est toujours à recommencer

Julien Hoquet

 

13 août 2015

Touché-coulé bataille navale engagée sur une mine

Meschers (Charente-Maritime)

Touché-coulé
bataille navale engagée
sur une mine entendue
recherche de complicités.


Touché-coulé
bataille navale engagée
aux pupitres du lycée
regard professoral provoqué.


Touché-coulé
bataille navale
aux risques de papiers
polissonneries d'une loi questionnée.

Porte-avions, croiseurs, torpilleurs, sous-marins
biffés.


Coulés
batailles vitales
hommes, femmes, enfants
expatriés, exilés, poussés, jetés
à la mer

Humiliés, blessés, mortifiés.

Embarcations légères, canots, barques, nacelles, esquifs.


Jeux de tournis
jeux de roulis,
jeux de folie.

 

Ecce terra

 

1 septembre 2015

St-Urcize (Cantal)

C'est l'été ! Les Reflets partent en vacances mais enverront des cartes postales au gré de leurs escapades

(pour n'en manquer aucune, abonnez-vous)

Bien sûr, les réponses des poètes inspirés sont toujours les bienvenues ! (par "Contactez l'auteur")

 

St-Urcize

C’est en Aubrac. Derrière les barbelés, un pêcheur. Un pécheur ? (fw)

 

9 avril 2015

"C'était aussi dans la maison qu'on recevait le

La maison éclairée

   "C'était aussi dans la maison qu'on recevait le monde. Entre la table et la fenêtre, entre le feu et le pain, et jusqu'au coeur de l'âtre, on pouvait s'asseoir.
   Les voix chantaient de rire et de tendresse chaude. Avec l'air du dehors et l'odeur du dedans, il se tissait un corps vivant à la fois ineffable et tiède où l'on se sentait bien, le temps de dire ah ! - le temps d'un léger sommeil.
   Mais la vie est fragile et le rire précaire. Le parfum des sureaux, des tilleuls et des roses, n'embaume que les nuits de juin. Dans la flamme on en cherche déjà comme le souvenir."

Marcelle Delpastre, "Cinq heures du soir", De Borée

 

2 mars 2015

"Le "cassé-bleu" c'est absolument merveilleux, au

La maison d'absence

"Le "cassé-bleu" c'est absolument merveilleux, au bout d'un moment la mer est rouge, le ciel jaune et les sables violets, et puis cela revient à la carte postale de bazar, mais ce bazar-là et cette carte, je veux bien m'en imprégner jusqu'au jour de ma mort. Sans blague, c'est unique René. Il y a tout là. Après on est différent."

Nicolas de Staël, Lettre à René Char, 23 juin 1952

 

11 décembre 2014

"Le froid, le gris, comme du fer.Ciel couleur de

L'arbre seul

"Le froid, le gris, comme du fer.
Ciel couleur de fumées basses, de cendres qui auraient tout oublié du feu qu'elles furent.
Ciel qui efface le souvenir des saisons plus heureuses. Ciel fermé, porte murée.
Tout ce qui se ternit, ne renvoyant plus la lumière."

Philippe Jaccottet, "Ce peu de bruits", Gallimard

 

2 novembre 2014

"[...] je vois, j'écoute quelque chose qui

Les temps qui courent

"[...] je vois, j'écoute quelque chose qui pourrait être le temps courir avec une sorte d'allégresse, en scintillant de loin en loin, mais sans marquer la moindre usure; sans rien perdre encore, non plus, de sa limpidité. Je le vois, je l'entends qui court, et pourtant on le dirait pareil à l'immobilité du ciel nocturne, même si ses constellations d'eau s'éparpillent trop vite pour qu'on puisse jamais songer à leur donner un nom."

Philippe Jaccottet, "Cahier de verdure", Poésie/Gallimard

 

11 novembre 2014

Et si un enfantDessinait le 11 novembreIl y

L'étang de paix

Et si un enfant
Dessinait le 11 novembre
Il y aurait tant de couleurs
Tant de prismes et de rires
Que tous les champs de batailles
Deviendraient des jardins
Si un enfant
Dessinait la guerre
Il y aurait tant de couleurs
De prismes et de rires
Que tous les monuments du monde
Célébreraient la paix
Et le temps d'aimer

Julien Hoquet

 

24 juin 2014

"Je me souviens qu'un été récent, alors que je

L'été

"Je me souviens qu'un été récent, alors que je marchais une fois de plus dans la campagne, le mot joie, comme traverse parfois le ciel un oiseau que l'on n'attendait pas et que l'on n'identifie pas aussitôt, m'est passé par l'esprit et m'a donné, lui aussi, de l'étonnement. Je crois que d'abord, une rime est venue lui faire écho, le mot soie; non pas tout à fait arbitrairement, parce que le ciel d'été à ce moment-là, brillant, léger et précieux comme il l'était, faisait penser à d'immenses bannières de soie qui auraient flotté au-dessus des arbres et des collines avec des reflets d'argent, tandis que les crapauds toujours invisibles faisaient s'élever du fossé profond, envahi de roseaux, des voix elles-mêmes, malgré leur force, comme argentées, lunaires. [...]"

Philippe Jaccottet, "A la lumière d'hiver", Poésie/Gallimard

 

6 mai 2014

"De toutes les couleurs, il se pourrait que le

Verdissage

"De toutes les couleurs, il se pourrait que le vert fût la plus mystérieuse en même temps que la plus apaisante. Peut-être accorde-t-elle dans ses profondeurs le jour et la nuit ? Sous le nom de verdure, elle dit le végétal: tous herbages, tous feuillages. C'est-à-dire aussi, pour nous: ombrages, fraîcheur, asile d'un instant."

Philippe Jaccottet, "Cahier de verdure", Poésie/Gallimard

 

7 mai 2014

"Les horizons rocheux et boisés toujours si

Verdissage

"Les horizons rocheux et boisés toujours si changeants dans leur monotonie ont, pour des yeux las des foules humaines, un intérêt si prodigieux qu'il m'arrive souvent de les contempler sans changer de place une heure, deux heures... je ne m'arrache à ces sauvages recueillements que pour me plonger dans la fraîcheur des demi-teintes, ombrées et miroitantes comme l'eau qui les reflète."

Maurice Rollinat

 

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