Les fenêtres
Chaque fin de semaine, une photo. Un poète, passant par-là, s'en inspirera peut-être. Ou peut-être pas.

Des fenêtres entrouvertes sur un mur ruiné; des fenêtres entrouvertes sur un ciel plombé. (fw)
Le pommeau de la canne frappe contre la porteMais
"Je me souviens, c'était un matin, l'été,La
"Je me souviens, c'était un matin, l'été,
La fenêtre était entrouverte, je m'approchais,
J'apercevais mon père au fond du jardin.
Il était immobile, il regardait
Où, quoi, je ne savais, au dehors de tout,
Voûté comme il était déjà mais redressant
Son regard vers l'inaccompli ou l'impossible.
[...]"
Yves Bonnefoy, "Les planches courbes", Poésie/Gallimard
"[...] Par les fenêtres qui s'ouvrent sur la nuit
"[...] Par les fenêtres qui s'ouvrent sur la nuit comme des yeux crevés, aucun rayon ne filtre, ni signe ni regard, les cris montent au ciel et retombent - glacés, éteints comme des étincelles déchargées dans les oreilles froides des enfants plus que nus qui mendient la mort sur le pavé."
Pierre Reverdy, "Sable mouvant", Poésie/Gallimard
"[...] et la maison qu'on voit au fond semble
"[...] et la maison qu'on voit au fond semble attendre d'obscures injures;
une maison que le temps caresse avec ses doigts d'usure et de parjure, ses ongles frôlant les ardoises du toit; une maison qui joue avec le temps, le soleil et le mauvais temps, les cartes mauvaises du vent qui fait jouer les girouettes;
une maison qui porte l'ancienne blessure du temps et joue l'amour à contre-temps, à contrecoeur contre le vent, sous le manteau traînant des crépis délabrés et des ronces, avec son coeur comme un écu sur la poterne."
Marcelle Delpastre, "Le chasseur d'ombres et autres psaumes", Edicions Dau Chamin De Sent Jaume
"J'ai relevé les yeux. Derrière la fenêtre,au
Exil La maison aux yeux videsdont battent les
"[...]attente des pans de mursattente des pans de
Le pommeau de la canne frappe contre la
Le pommeau de la canne frappe contre la porte
Entends la voix de ta mère
Elle accouche à nouveau
L’enfant viendra au monde une seconde fois
Ce sera toi coiffé de ta revanche
Mais la maison est dépassée par le temps
Ce que je perçois, l’oreille contre le bois
Ce sont les bruits de ta naissance ceux que tu viens d'oublier
L’odeur de famille vient avec la mémoire
Un civet, des fleurs et le parfum des morts embaument le jardin
Et puis cette silhouette referme la porte
Jean-Paul Raffel

