Pénombre

Les Reflets s’estompent.

Merci aux poètes et aux passants qui les ont fait briller.

Les reflets reviendront. Un jour ou l’autre. Ici ou ailleurs.

 

 

Pénombre

La lumière. Même le temps n’y peut rien. (fw)

 

 

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17 janvier 2018

Pénombre

 

La fenêtre ne s'ouvre plus
Voilée dans les haillons du temps
Deux pans de noir au côté droit
Elle dort...
Mais la lumière est invincible
Comme l'Eté de Tipasa
Qui brille aussi au fond de moi.

Maria Ardouin

 

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05 décembre 2017

Ebullition

Les promeneurs se font rares.
L'étang s'ennuie un peu.
Alors il fait des bulles sous la glace pour passer le temps et les regarde monter lentement.
Il rassemble ses collections d'automne d'ors, de cuivres et de verts pour les revoir quand tout s'écrira en noir et blanc.
L'étang fait des bulles pour tuer le temps.

Ariane Adam

 

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04 décembre 2017

Ebullition

L'étang se fige
Les couleurs 
Se caillebottent
Les marrons sont gelés
Les oranges glacées
Les olives se coagulent
Épluche ton chagrin
Désenfile ta peine
Le temps s'étire
Tes larmes sont givrées
C'est l'hiver qui vient

Julien Hoquet

 

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09 novembre 2017

Tourmente

Lave de neige et feu de glace
Dans la marmite du temps
Les eaux se réinventent
A nos yeux sidérés
Par la puissance du monde.

Maria Ardouin

 

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02 novembre 2017

Traversée

Blanc devant
Noir qui barre
Gris infini
Les grilles du temps
Tombent
Sur nos mémoires
Sur nos tristesses
Qui vont pâlir...

Maria Ardouin

 

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22 septembre 2017

La plage abandonnée

Chaque fin de semaine, une photoUn poète, passant par-là, s'en inspirera peut-être. Ou peut-être pas.

 

 

La plage abandonnée 

Il est temps de quitter la plage. De tourner la page. (fw)

 

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23 juin 2017

Abstention

Toutes les nuits, Aristote emmenait son maître pour une virée au bord de la rivière. Adrien se laissait porter par le temps qui passe, la rivière qui s'écoule et le reflet sur l'eau des maisons réverbères. Il était dans une sorte d'état hypnotique, comme on dit, "perdu dans ses pensées". Ce soir là, il ressentait quelque-chose de nouveau; il ressentait, presque physiquement, sa propre présence en harmonie avec le mouvement de la vie. Permanence et mouvement: la matérialité de son être se reflétant à la surface du temps qui s'écoule irrémédiablement.
Augustine s'inquiétait de l'influence nocturne d'Aristote sur Adrien. Enfin, c'était une façon de dire que, sans la promenade du chien, les choses se seraient arrangées. Sa décision était prise: la nuit suivante, elle suivrait les deux compères. Sur son banc, Adrien souriait, il était beau. Il émanait de lui une sorte de sérénité primitive. Augustine s'assit près de lui et lui saisit la main. Elle voulait parler, comprendre, expliquer, convaincre, peut être justifier, enfin quoi ramener Adrien à la raison, mais elle n'avait plus de repères ; désemparée, elle choisit l'abstention. Mais, c'était chez elle ni refus, ni rejet, encore moins désintérêt. Telle une fleur qui attend les premières lueurs du jour pour éclore et s'offrir au monde, Augustine était simplement en attente, livrée au mystère de la nuit et prête au renouveau qui semblait s'infiltrer en elle. Fermeture et épanouissement : son être intimement concentré bientôt prêt à s'ouvrir une nouvelle fois vers l'inconnu.
Aristote commençait à s'impatienter. Et oui, c'était l'heure de la pâtée. Gamelle dans le garage, croquettes dans la gamelle, et la radio?
On diffusait un titre des années 1970:
"Avec le temps...
Avec le temps, va, tout s'en va"...
Léo Ferré; Avec le temps.
Epilogue
Le lendemain, Adrien, Augustine pliaient bagages, direction : La Creuse. Allez savoir pourquoi ! Et Aristote ? Il avait compris (c'est quand même malin ce genre d'animal), compris donc que pour lui, ce serait la fête, un véritable festival de balades en perspective !

Florentine

 

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16 juin 2017

La nuit

Une semaine était passée depuis l'épisode des herbes folles. "La page est tournée. Hop, classée dans les archives" se disait Augustine. Mais quelque-chose clochait: Adrien se comportait comme d'habitude, c'est-à-dire normalement, mais Augustine avait l'impression qu'il était changé de l'intérieur. L'extérieur, ça allait, mais l'intérieur ne suivait pas. Il fallait réagir. Elle consulta son MSB (Managerial Strategical Book; c'est toujours en anglais ces trucs là !): le Wait and See semblait convenir mais avec l'option Diversion Action: quelque-chose d'inhabituel, voire d'exceptionnel qui reconnecterait Adrien à la réalité.
"Adrien, mon chéri, et si tu allais promener le chien?". C'était vraiment exceptionnel car 1) il faisait nuit noire et 2) le chien ne sortait jamais des 500 mètres carrés du jardin clôturé.
Adrien ne voyait pas d'inconvénient à promener le chien. Ce qui l'ennuyait, c'est qu'il ne savait pas vraiment comment s'y prendre. Le chien promena donc un Adrien en errance. Ils arrivèrent le long de la rivière, sur la rive côté sombre. De l'autre côté, les maisons, encore allumées et sagement alignées, balisaient le chemin. La vie, côté lumière et la mort, côté sombre de la rivière ? Non, non, ce n'est pas ce qu'Adrien ressentait confusément au fond de lui. Il se sentait bien, vraiment bien, dans la sérénité de la nuit. Il avait le sentiment apaisant de sentir la pulsation régulière du temps qui passe. Il se disait que, de l'autre côté, le temps se voyait imposer le rythme des activités quotidiennes.
Dans la lumière, les maisons ressemblaient à des maisons. Pourtant, depuis son arrivée, elles semblaient l'interpeller. Ou plutôt, c'était leurs reflets à la surface de l'eau qui attiraient son regard. Interpellation, attirance? Non, plutôt une invitation au voyage. Tout ça n'était pas bien clair pour Adrien peu habitué aux réflexions métaphysiques.
En tout cas, Aristote (faut bien qu'il ait un nom, ce chien) lui lançait une invitation claire: l'heure de la pâtée était largement dépassée ! Il était temps de rentrer.
Aristote fila direct dans le garage où se trouvait sa gamelle. En versant les croquettes, Adrien alluma machinalement la radio. On diffusait une chanson des années 70.
"Les aiguilles ont tourné, il est trop tard
Mon enfance est si loin, il est déjà demain
Passe passe le temps, il n'y en a plus pour très longtemps".
Adrien reprenait le refrain " Passe passe le temps...".
Il est trop tard. Georges Moustaki.

Florentine

 

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07 juin 2017

Les herbes folles

Quand le jour
Sera la nuit
Tout le temps
Que nous restera-t-il
Où irons-nous
Ô mon amour des amours
Quand ce monde
Sera silence
Pour toujours
Que nous restera-t-il
Où irons-nous
Turluter nos amours?

Julien Hoquet

 

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