16 juin 2017

La nuit

Une semaine était passée depuis l'épisode des herbes folles. "La page est tournée. Hop, classée dans les archives" se disait Augustine. Mais quelque-chose clochait: Adrien se comportait comme d'habitude, c'est-à-dire normalement, mais Augustine avait l'impression qu'il était changé de l'intérieur. L'extérieur, ça allait, mais l'intérieur ne suivait pas. Il fallait réagir. Elle consulta son MSB (Managerial Strategical Book; c'est toujours en anglais ces trucs là !): le Wait and See semblait convenir mais avec l'option Diversion Action: quelque-chose d'inhabituel, voire d'exceptionnel qui reconnecterait Adrien à la réalité.
"Adrien, mon chéri, et si tu allais promener le chien?". C'était vraiment exceptionnel car 1) il faisait nuit noire et 2) le chien ne sortait jamais des 500 mètres carrés du jardin clôturé.
Adrien ne voyait pas d'inconvénient à promener le chien. Ce qui l'ennuyait, c'est qu'il ne savait pas vraiment comment s'y prendre. Le chien promena donc un Adrien en errance. Ils arrivèrent le long de la rivière, sur la rive côté sombre. De l'autre côté, les maisons, encore allumées et sagement alignées, balisaient le chemin. La vie, côté lumière et la mort, côté sombre de la rivière ? Non, non, ce n'est pas ce qu'Adrien ressentait confusément au fond de lui. Il se sentait bien, vraiment bien, dans la sérénité de la nuit. Il avait le sentiment apaisant de sentir la pulsation régulière du temps qui passe. Il se disait que, de l'autre côté, le temps se voyait imposer le rythme des activités quotidiennes.
Dans la lumière, les maisons ressemblaient à des maisons. Pourtant, depuis son arrivée, elles semblaient l'interpeller. Ou plutôt, c'était leurs reflets à la surface de l'eau qui attiraient son regard. Interpellation, attirance? Non, plutôt une invitation au voyage. Tout ça n'était pas bien clair pour Adrien peu habitué aux réflexions métaphysiques.
En tout cas, Aristote (faut bien qu'il ait un nom, ce chien) lui lançait une invitation claire: l'heure de la pâtée était largement dépassée ! Il était temps de rentrer.
Aristote fila direct dans le garage où se trouvait sa gamelle. En versant les croquettes, Adrien alluma machinalement la radio. On diffusait une chanson des années 70.
"Les aiguilles ont tourné, il est trop tard
Mon enfance est si loin, il est déjà demain
Passe passe le temps, il n'y en a plus pour très longtemps".
Adrien reprenait le refrain " Passe passe le temps...".
Il est trop tard. Georges Moustaki.

Florentine

 

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25 février 2017

Subconscient

Chaque fin de semaine, une photoUn poète, passant par-là, s'en inspirera peut-être. Ou peut-être pas.

 

 

Subconscient

L’étang réfléchit. Aucun doute. Mais a-t-il une âme pour autant ? Sans doute. (fw)

 

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27 décembre 2016

L'étang de Noël

Depuis le solstice, le bruit courait.
Les anciens savaient, les vieux sapins, trop noirs pour les salons, trop grands, trop dignes pour les boules et les guirlandes,
Qui scintilleront seulement de poussière de givre et de lumière d'étoiles.
Ils l'ont annoncé en inclinant la tête et offert à l'étang leur reflet pour célébrer Noël.

Ariane Adam

 

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07 novembre 2016

vent des flots

À la surface sereine de l'eau
De tes yeux naïfs et purs
Ce reflet d'un monde dormant 
Mais viendront les frissons du vent
Puis les larmes amères de la solitude
Et les cafards te dévoreront le cœur
Alors tu regretteras l'innocence perdue

Julien Hoquet

 

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20 octobre 2016

La maison au village

Noyé
Pas pied
Village
Naufrage
Au noir
Miroir
Reflets
Moirés
Dansés
Rêvés
Mémoire
Histoires

Maria Ardouin

 

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25 août 2016

Comme une ombre à la fenêtre

Le moulin s'est arrêté.
Son reflet paisible ne me raconte pas qui de l'eau ou du vent,
si la roue ou les ailes faisaient gémir son corps, faisaient grincer la meule.
Dors meunier, dors,
Ton moulin n'ira plus trop vite.
Le meunier est parti, il n'y a plus de grain à moudre.
Le moulin s'est endormi.

Ariane Adam

 

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25 juillet 2016

La maison échaudée

Il fait chaud.
Depuis le temps que j'en avais envie!
Alors j'ai tâté l'eau du bout de la brique et pierre après pierre, doucement je me suis glissée dans l'eau, toute droite, jusqu'à en avoir par-dessus la tête, par-dessus le toit pardon.
J'ai ouvert mes fenêtres et ça a fait de grosses bulles, j'ai agité mes volets, ça faisait des rides à la surface.
J'ai joué avec les canards et les poissons m'ont chatouillé les oreilles, enfin les lucarnes.
Le matin, c'est Gaston, le premier, en vélo avec son attirail de pêche qui a été surpris de n'avoir plus rien à contourner.
Un coup d'oeil à droite, à gauche puis se penche sur l'étang.
Pas question d'en parler à Mélie, sa femme, elle va l'envoyer chez le médecin et l'accuser de trop arroser son café.
Et il passe.
Puis, c'est le jogger qui s'est arrêté net, les bras ballants, la bouche grande ouverte, les écouteurs de son I Pod dans les oreilles.
Il fait rapidement demi-tour.
Ensuite, en vrac et dans le désordre, sont arrivés les curieux, les élus, les experts, les photographes amateurs et professionnels, la presse locale, régionale et nationale, j'ai même eu droit à "La Une" du "20 heures" des télévisions nationales!
Pensez-donc! Une maison engloutie! 
C'est de moi qu'on parle.
Il y a eu bataille d'experts, on a parlé de glissement vertical, les clans se sont formés, on a invoqué le réchauffement climatique, le bétonnage excessif, on a agité le spectre de l'engloutissement total du village...
Tout çà pour un bain franchement!
Le maire, lui, caresse ses rêves touristiques.
Il s'est fait évincer des "Plus beaux villages décorés", des "Plus jolis villages", des "Villages préférés des retraités voyageurs".
Maintenant, il le tient son atout touristique unique: "Le Village de la Maison Engloutie"!
Il voit les cars de visiteurs, les parkings bondés - payants bien sûr - les marchands de glaces, de gaufres, de frites, certains envisagent déjà d'imprimer des cartes postales, de transformer leur remise en chambre d'hôtes.
On imagine les boutiques de souvenirs, avec moi en décalcomanie sur des assiettes, des mugs, des porte-clés, des T-shirts, des boîtes à bonbons "à l'eau du lac" et bien entendu la petite maison dans la boule à neige! pour une maison engloutie ça ne pouvait pas manquer.
Adieu les dimanches tranquilles, les étés paisibles, les rêveurs bucoliques...

Ah non pas çà, au secours, j'étouffe, je veux sortir!

- Mais qu'est-ce qu’il te prend La Maison? Calme-toi, ce n'est qu'une photo, une illusion d'optique, un reflet!

Et Florence soupire en rangeant son appareil.

- Ah ces vedettes!

 

Ariane Adam

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16 février 2016

Transport

Dans un train d’enfer
L’eau avale son reflet
Sous le pont du temps

Julien Hoquet

 

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03 février 2016

Frimas

Masque de glace poudré de givre,
Stalactites en sequins,
Fourrure de neige, cristaux en couronne,
L'hiver se pare et s'émeut de son reflet brisé.
L'hiver est roi.
C'est Carnaval!

Ariane Adam

 

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23 juillet 2015

Argenton-sur-Creuse (Indre)

C'est l'été ! Les Reflets partent en vacances mais enverront des cartes postales au gré de leurs escapades

(pour n'en manquer aucune, abonnez-vous)

Bien sûr, les réponses des poètes inspirés sont toujours les bienvenues ! (par "Contactez l'auteur")

 

Argenton-sur-Creuse

Un canard réfléchit sur la place d'Argenton. (fw)

 

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