Ecorce de bouleau (détail)

09,10,11,12 mai

Guéret, Savennes, Saint-Christophe,

le Moutier d'Ahun, Sardent

Festival pliant en poésie et chanson

Programme et inscriptions

 

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11 mai 2013

Ecorce de bouleau (détail)

"Les livres que m'offrait l'étagère pour me révéler le secret de l'Esprit, c'étaient une Civilité des familles, une Clef des Songes, avec, en supplément, Le Langage des Fleurs ; une brochure à couverture illustrée où des personnages échangeaient des propos alternés avec beaucoup de points d'exclamation : Les Chevaliers du Brouillard ; puis un tout petit livre, dont le texte, pourtant lisible, ne présentait aucun sens : les Catilinaires de Cicéron (encore un héritage de l'oncle séminariste) ; un autre, presque aussi incompréhensible, qui portait en titre sur une couverture laquée : Le Dernier Jour, poème en douze chants, orné d'un frontispice où une femme qui avait l'air très en peine s'appuyait à une colonne rompue, au-dessus d'une légende calligraphiée :
                                                                                Telle brille une rose au milieu d'un désert.
Et, dans l'ombre de mon grenier, je récitais à mi-voix, pour tâcher d'en tirer quelque chose, ce pauvre beau vers chargé de splendeurs vaguement entrevues : la poésie et le romanesque, et l'exotisme, et la Femme, et la Douleur, et la Beauté."

Jules Marouzeau, "Une Enfance"

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10 mai 2013

Ecorce de bouleau (détail)

"Et comme les eaux de la Vézère qui continue à couler dans son lit au fond du lac de Siom en lui donnant sa couleur et son volume, c'est à la langue de Bernard de Ventadour que je pensais en écoutant la vieille dame : une langue à la fois tout autre et cependant parente, quelque chose qui s'était officiellement tu il y a longtemps mais qui avait persisté à bruire dans ces rameaux solitaires qu'on appelait les patois et qui laissaient entendre un peu de cette langue d'oc défaite par le français mais dont le français, tel qu'on le parlait sur les hautes terres, était travaillé en profondeur [...]."

Richard Millet, "Ma vie parmi les ombres"

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09 mai 2013

Ecorce de bouleau (détail)

Les troubadours

"Le trobar jaillit sous la plume de Guillaume IX de Poitiers au XIème siècle. Il passe le virus à son vassal Eble II - dit le Chanteur - vicomte de Ventadour. C'est dans ce site grandiose et sauvage que naît en Limousin la lyrique courtoise. Cette nouvelle poésie fait un pied de nez au latin des actes administratifs, à celui de la messe et des offices religieux. Elle explose dans l'exubérance de la langue d'Oc. Le trobar est le coeur battant d'une société en pleine mutation. Les troubadours se mêlent de tout : ils critiquent le pouvoir et les moeurs, participent aux croisades, dénoncent l'inquisition, effectuent des pèlerinages, célèbrent la fin'amor, cet amour courtois qui met en pratique de nouveaux codes amoureux [...]. Le son fait sens dans cette poésie très codifiée et chantée. Elle appelle un amour raffiné et nouveau, où la femme est non seulement traitée en égale, mais où elle est partenaire active de cette quête d'absolu.

Le trobador est connaisseur de belles lettres, inventeur de poésie, alors que le joglar (jongleur) est l'interprète : il apprend de mémoire paroles et musique et va dans les cours porter les cansos du troubadour.
La canso désigne la composition poétique au service de l'amour et de la courtoisie.
Le sirventès est plus incisif. Consacré à la satire morale ou politique, il préfigure la chanson engagée.
[...]"

"Guide de balades littéraires en Limousin"

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08 mai 2013

Ecorce de bouleau (détail)

"Ah ! Limousin franche terre courtoise,
je suis bien heureux de l'honneur qui vous est fait,
grande joie et réputation et plaisir et gaieté,
courtoisie et réjouissance et galanterie
s'en vont à vous..."

Bertrand de Born, troubadour limousin, cité dans "Limousin, Corps & Âme" 

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07 mai 2013

Ecorce de bouleau (détail)

"[...] Nous sommes au bord de l'Auvergne, au bord du Berry, dans un entre-deux boisé, parcimonieusement peuplé, avec toujours un temps de décalage depuis l'époque préhistorique ; les gens de menhirs, de pierres levées, peira levada, ont duré, perduré sans beaucoup de brassage, sans invasions majeures et peuplantes. Peut-être sommes-nous réellement des marginaux, et cela marque notre comportement : l'ambition, la trempe du caractère ? Cela ne date pas d'hier : après tout, qu'est-ce qui faisait désigner à Rabelais son jeune étourdi pédant, se poussant du col, comme un "eschollier lymousin"? Et pas un Normand, un Auvergnat, un Basque, un Savoyard, que sais-je ?... A qui faisait-il allusion au juste ? A un quidam sorti des bois d'un pays pauvre ? Sans doute. Des bois bien peuplés par des loups."

Claude Duneton, préface de "Balade en Limousin ; sur les pas des écrivains"

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06 mai 2013

Ecorce de bouleau (détail)

"Il y a des rangées de pots, des amphores, des urnes, des vases, des formes qui sont belles, à voir, à regarder; il y a des moules pour le poème.
Il y en a de longs, de vastes. Il en est de très courts, il y en a qui se déroulent, de strophe en strophe, à n'y pas croire. Des qui se tissent, qui se tapissent, qui se nouent et qui se dénouent. Des qui s'enroulent, et des qui tournent, des qui tournoient et des qui se recroquevillent. On peut y fondre n'importe quoi, ou bronze ou cire. N'importe quoi. On en retire n'importe quoi.
Rarement, le poème."

Marcelle Delpastre, "Cinq heures du soir"

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